
Un tramway flambant neuf, des quais réaménagés, une économie dynamique... Bordeaux est en plein renouveau.
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CHIFFRES CLÉS
Créations/reprises d’entreprises en 2003
Tour d’horizon
La communauté urbaine de Bordeaux (CUB) regroupe 27 communes.
(Source : Insee)
Longtemps surnommée "la belle endormie", Bordeaux tient aujourd’hui sa revanche.
En dix ans, la capitale mondiale du vin a enregistré une croissance démographique de +6,2 % alors que la moyenne nationale plafonne à +3,2 %. Loin d’attirer les "retraités" comme d’autres régions du Sud, elle peut en outre se targuer d’accueillir des forces vives : 40 % des nouveaux arrivants ont entre 24 et 40 ans. Séduite par la promesse d’une qualité de vie exceptionnelle, une majorité s’est laissé charmer par le nouveau visage de la cité, qui a subi d’importants "liftings", par le climat océanique tempéré, la proximité des rivages de la côte atlantique et des pistes enneigées des Pyrénées.
Moins nombreux en revanche doivent être ceux qui ont choisi Bordeaux au regard de sa politique de soutien aux petits entrepreneurs. À la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) en effet, on communique plus volontiers sur le nouveau réseau de transports en commun, véritable vitrine technologique, que sur la dynamique impulsée en faveur des créateurs et repreneurs d’entreprise. À l’heure où d’autres communautés urbaines déploient d’importants moyens pour doper leur taux de création (ex. : Lyon a mis en place un portail économique entièrement dédié aux entrepreneurs), Bordeaux insiste davantage sur les actions initiées en faveur des grandes firmes et des investisseurs étrangers. Une situation d’autant plus regrettable que la capitale girondine a développé des outils propres à stimuler la création d’entreprises et qu’elle a de multiples atouts à faire valoir, notamment sur le plan économique.
Qu’il s’agisse du commerce, du tourisme, des services aux entreprises (4e pôle français) ou encore du secteur industriel, le dynamisme des entreprises bordelaises a de quoi susciter les jalousies. En marge des filières d’excellence (aéronautique, spatial et défense, agroalimentaire, bois-papier-carton, parachimie et pharmacie, automobile...), l’agglomération affiche également sa vocation pour l’innovation. Parmi les activités à forte valeur ajoutée en plein essor : l’optique/laser/photonique, les sciences du vivant et les biotechnologies, l’informatique, ou encore les technologies de l’information et de la communication. Force est de reconnaître que l’émergence de ces secteurs d’avenir est confortée par la présence d’une main-d’oeuvre qualifiée et productive et par un environnement scientifique et technologique de qualité. La région compte en effet plus de 200 laboratoires rattachés aux universités bordelaises et aux grands centres français de recherche (CNRS, Inserm, Inra...). Quant aux projets d’envergure, ils foisonnent : déjà Centre national de recherche technologique "multimatériaux, composites et systèmes", la métropole bordelaise dispose aujourd’hui d’un Institut des sciences de la vigne et du vin.
Elle travaille également à la création d’un pôle de compétence sur l’environnement et à la construction du laser Mégajoule, équipement d’ampleur internationale porté par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et soutenu par un investissement de 2,1 milliards d’euros sur quinze ans. Même le très haut débit sera bientôt de la partie : à l’horizon 2006, un réseau de fibres optiques s’étendra sur 220 km. Côté infrastructures, Bordeaux n’est pas en reste.
Située au carrefour des grands axes autoroutiers européens, la ville dispose d’un port reliant les cinq continents, d’une bonne desserte aérienne et ferroviaire : 30 lignes régulières (13 nationales, 12 européennes, 5 internationales) et 25 liaisons TGV quotidiennes pour Paris (3 heures). Autre critère susceptible de séduire les entrepreneurs : le foncier. Dotée de la zone franche urbaine la plus étendue de France (790 ha), la CUB participe au financement et au développement de 7 sites d’activités adaptés aux besoins des entreprises. Elle soutient également la création de pépinières et d’hôtels d’entreprises.
Sur le terrain, les bonnes volontés ne manquent pas non plus. Ainsi, chacun apporte sa pierre à l’édifice pour faciliter le parcours des porteurs de projet. Réunis au sein de l’association Bordeaux Technopole, les sites d’implantation Bordeaux Montesquieu, Bordeaux Technowest et Bordeaux Unitec oeuvrent notamment à l’accompagnement des créateurs d’entreprises innovantes, à l’étude et à la mise en place d’infrastructures d’accueil dédiées à ces jeunes pousses, ainsi qu’à l’organisation des transferts de technologie. "Nous formons et nous aidons le porteur de projet à construire son business plan et à mobiliser des financements publics et privés, explique Daniel Birot, directeur de Bordeaux Unitec, qui traite l’essentiel des créations d’entreprises innovantes sur l’agglomération. Nous mettons également à disposition des infrastructures immobilières et assurons un suivi du créateur pendant cinq ans après le démarrage de l’activité." Résultat : depuis sa création en 1990, Bordeaux Unitec a permis à une centaine d’entreprises de voir le jour dans des conditions optimales. De leur côté, les créateurs d’entreprises traditionnelles en quête de conseil et de fonds propres ont l’embarras du choix tant les organismes de soutien sont nombreux (voir ci-contre). Quant aux candidats à la reprise d’entreprise, ils se réjouiront d’apprendre que le conseil régional d’Aquitaine vient de mettre en place un ambitieux plan d’actions : "Les moyens mis en oeuvre permettent aux porteurs de projet, en particulier salariés ou demandeurs d’emploi, d’en améliorer la préparation et les conditions de financement", précise le président Alain Rousset. Financement, conseil, formation et structuration : comment ne pas réussir l’opération dans ces conditions ?
Ann-karen BARTOSZEWSKI - Septembre 2005
LES PRINCIPALES AIDES FINANCIÈRES
ACEP (Aide à la création d’entreprises de production)
Bénéficiaires : petite ou moyenne entreprise industrielle ou de services à l’industrie, immatriculée ou reprise depuis moins d’un an, sous forme de société.
Type d’aide : subvention plafonnée à 80 000 euros ou avance remboursable à taux nul, plafonnée à 200 000 euros, déterminée en fonction du plan de financement du projet, de la capacité de remboursement de l’entreprise et de la création d’emplois. Pour un projet s’inscrivant dans les technologies émergentes, la subvention est plafonnée à 100 000 euros et l’avance remboursable à 400 000 euros.
Conditions : l’aide couvre 25 % des besoins de financement, le reste devant être couvert par des apports en fonds propres en numéraire et/ou des concours bancaires à moyen terme.
Contact : conseil régional d’Aquitaine Tél. : 05 57 57 82 98.
ADECE (Aide aux demandeurs d’emploi créateurs repreneurs d’entreprise)
Bénéficiaires : RMiste ou demandeur d’emploi n’ayant pas accès au crédit bancaire pour financer son projet de création ou de reprise d’entreprise.
Type d’aide : prime d’un montant de 1 525 à 3 050 euros versée 1 an maximum après l’immatriculation de l’entreprise.
Contact : Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) Tél. : 05 56 29 09 23.
CREAGIR
Bénéficiaires : personne ayant un projet de création ou de reprise d’entreprise dans le secteur de l’artisanat de production, des services à l’industrie, de la valorisation des productions agricoles, des services aux entreprises dès lors que ceux-ci sont défaillants ou inexistants, des services à la population correspondant à des prestations de première nécessité et en l’absence de concurrence locale.
Type d’aide : subvention équivalant à 15 % des investissements HT, plafonnée à 15 000 euros pour les créations et 20 000 euros pour les reprises. Pour les diagnostics : 50 % maximum des frais avec un plafond de 1 500 euros.
Conditions : les investissements éligibles réalisés doivent être supérieurs à 7 600 euros.
Contact : conseil général de la Gironde Tél. : 05 56 99 68 77.
Chéquier conseil
Bénéficiaires : entreprise de production, de services à l’industrie, de l’environnement et du tourisme (hors hôtellerie), immatriculée depuis moins d’un an, et souhaitant recourir à un conseil extérieur pour la mise en oeuvre d’un projet.
Type d’aide : subvention équivalant à 80 % des coûts liés à l’étude de faisabilité générale (plafond à 3 000 euros) et 50 % des études spécifiques (plafond à 7 700 euros). L’aide globale est plafonnée à trois études et 15 000 euros.
Contact : conseil régional d’Aquitaine Tél. : 05 57 57 82 98.
Illustration : Getty Images / MedioImages