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Le challenge de Sébastien Eloir

À 39 ans, cet ancien demandeur d’emploi parisien a repris une entreprise de fabrication de matériels forestiers d’entretien, dans les Landes. Un chemin parsemé d’embûches, notamment en ce qui concerne le financement du projet.


Ex-demandeur d’emploi, Sébastien Eloir, 39 ans, a repris l’entreprise Ménard-Darriet-Cullerier au cours de l’année 2007

Cette PME landaise de 14 salariés est spécialisée dans la construction de matériels forestiers d’entretien et de reboisement.

En dépit d’un dossier bien ficelé, le jeune entrepreneur a eu beaucoup de difficultés à convaincre les banques de le suivre dans son projet de reprise d’entreprise.

Heureusement, il a pu bénéficier du soutien conjugué du Conseil régional d’Aquitaine, d’Oséo et du réseau Cédants et repreneurs d’entreprises (CRA) pour la partie formation à la reprise.

Aujourd’hui, l’entreprise qu’il dirige vient de boucler l’exercice 2007 en avance sur ses prévisions (1 M€ de CA contre 775 000 en 2006).

« On ne prête qu’aux riches. »
Cette phrase, Sébastien Eloir l’a vérifiée malgré lui. Cet ex-salarié de Hertz France et Jungheinrich France a mis à profit sa période de chômage (débutée en avril 2006) pour trouver une entreprise à reprendre. Ses critères ? « Au départ, je voulais me diriger dans les énergies renouvelables, mais j’ai vite dirigé mes recherches vers une activité plus traditionnelle. » Résultat : en moins d’un an, Sébastien a épluché 16 dossiers différents. Jusqu’à s’accrocher à celui de l’entreprise Ménard-Darriet-Cullerier... Cette petite entreprise landaise de 14 salariés est spécialisée dans la construction de matériels forestiers d’entretien et de reboisement.

« Le financement du projet »
Là, les « difficultés » de ce jeune repreneur ont commencé. « J’ai pu constater que les administrations ne faisaient rien pour faciliter la vie des repreneurs », confie-t-il. En dépit d’un « nombre d’aides très important », Sébastien Eloir regrette que la reprise d’entreprise soit un tel parcours du combattant administratif. Un lietmotiv qui aurait pu s’arrêter au stade de l’anecdote si le futur chef d’entreprise n’avait pas rencontré des difficultés supplémentaires à convaincre les banquiers du bien-fondé de son projet de reprise. « J’avais établi un business plan raisonnable, mais il se trouve que l’entreprise était en redressement judiciaire depuis 2000. La banque n’a pas voulu suivre alors que le redressement était plus un acte de gestion que le reflet d’une mauvaise santé... ». Une frilosité de la part su secteur financier d’autant plus inexplicable que Sébastien Eloir apportait... 40% de la somme nécessaire au rachat de l’entreprise.

« Chef d’entreprise, ça s’apprend »
Qu’à cela ne tienne, ce repreneur était motivé. Intimement convaincu de son projet si bien que le coup de pouce combiné du Conseil régional d’Aquitaine et d’Oséo ont fini par convaincre les banques de la pérennité du projet. D’ailleurs, le nouveau chef d’entreprise tient à remercier ces deux organismes... ainsi que l’association Cédants et repreneurs d’affaires (CRA), qui lui ont apporté leur soutien. « Chef d’entreprise, ça s’apprend. J’avais de grosses lacunes au niveau administratif et j’ai pu suivre une formation à la reprise d’entreprise qui a été très bénéfique. D’autant que, par la suite, je suis resté en contact avec d’autres repreneurs dont les conseils sont précieux. »

« Un défi de reprise relevé haut la main »
Après plusieurs mois à la tête de la PME, Sébastien Eloir se dit « plutôt satisfait de l’expérience ». Il a travaillé en binôme avec le cédant. « J’avais tablé sur une croissance de 5% en 2007 et un chiffre d’affaires d’1 million d’euros en 2008. Nous y sommes déjà en 2007, ce qui est encourageant et valide mes choix stratégiques. » Bénéficiaire du dispositif Accre, le dirigeant va, en plus, économiser les charges patronales sur son prochain exercice comptable. Ce qui, évidemment, l’enchante. Si Sébastien Eloir avait un conseil à l’adresse de ses futurs collègues repreneurs, ce serait : « Ne pensez pas que le financement est une chose facile à obtenir. Peu importe le montant, votre apport et le sérieux de votre projet. Les banques n’ont qu’un seul objectif : minimiser les risques ! »

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