
Peu attractive, la Champagne-Ardenne ne manque pourtant ni d’atouts, ni de compétences. La région veut engager des efforts pour le faire savoir.
Créations/reprises par activité en 2004
Total des créations : 4 234
Créations pures : 2 857
Réactivations : 611
Reprises : 766
285 Industrie (dont agroalimentaire)
633 Construction
1 314 Commerce (dont com. de bouche)
456 Hôtels, cafés, restaurants
99 Immobilier
130 Transports
634 Services aux entreprises
310 Éducation/santé
131 Activités récréatives, cultur. et sport.
242 Services aux personnes
Tour d’horizon
Population : 1 338 500 hab.
Superficie : 25 606 km2
PIB en 2004 : 30 839 millions d’euros
Source : Insee
"Notre région est malade. Chacun le sait", déclarait Jean-Paul Bachy, lors du débat budgétaire qui s’est tenu fin janvier. À y regarder de plus près, le président du conseil régional n’a pas tort. Les chiffres du dernier recensement sont sans appel : la Champagne-Ardenne est la seule région de France à voir sa population diminuer. Plus grave encore : ce sont principalement les jeunes, étudiants et diplômés, qui désertent. À long terme, le déficit de main-d’oeuvre qualifiée pourrait donc bien être une réalité. Perspective alarmante quand on sait qu’aujourd’hui la région occupe déjà le 20e rang sur 22 en terme de pourcentage de chefs d’entreprise et de cadres. Ajoutons à cela qu’elle accueille moins de 1 % de l’activité française dans le domaine de la recherche et qu’elle souffre cruellement d’un manque d’identité... Et l’on comprend mieux pourquoi le président, Jean-Paul Bachy, veut agir vite pour redresser la situation.
Revaloriser l’image de la Champagne-Ardenne passe d’abord par la mise en valeur de ses atouts : "La région occupe une position géographique favorable, à deux heures de Paris et de Cologne, souligne Jean-Paul Bachy. Et la ligne à grande vitesse Est-Européenne (LGV-Est), prévue pour 2007, devrait renforcer l’attractivité du territoire.
De même, nous sommes en train de moderniser les infrastructures (autoroutes, réseau TER...)." Les entrepreneurs se réjouiront en outre d’apprendre qu’ici, la pression fiscale locale est parmi les plus faibles de France. Et Jean-Paul Bachy d’ajouter : "Le foncier est accessible, à des coûts réellement modestes." Sur le plan économique, la Champagne-Ardenne a également des attributs à faire valoir. À commencer par son palmarès agricole : 1er rang national pour la production d’orge et de luzerne ; 2e rang pour la production de betteraves industrielles, d’oignons et de pois protéagineux ; 3e rang pour la production de blé tendre, de colza et de pommes de terre. Sans oublier le plus prestigieux ambassadeur de la région, le champagne, dont la production a dépassé les 300 millions de bouteilles en 2003.
Conscients de l’extraordinaire gisement végétal dont ils disposent, les acteurs locaux se tournent désormais vers l’avenir en misant sur la filière agrobio-industrie. "À l’initiative de la chambre de commerce et d’industrie de Reims et d’Épernay (CCIRE), une technopole dédiée aux Nova (nouvelles valorisations agricoles) devrait voir le jour sur la circonscription de Reims", explique Cécile Odiette, chef de projet sciences du vivant et agro-industrie à la CCIRE. Objectif : favoriser la création d’entreprises innovantes dans ce domaine et aider les structures existantes à se développer. L’augmentation de 120 % du budget régional affecté à la recherche & développement et à l’enseignement supérieur devrait y contribuer.
Autres fleurons de l’économie locale : la métallurgie, l’industrie automobile, le transport et la logistique, ou encore la filière emballage-conditionnement, historiquement liée au champagne et à l’agroalimentaire. Pour promouvoir les atouts du territoire et attirer les investisseurs, la région vient de se doter d’un outil performant : une agence régionale de développement. Celle-ci constituera également une porte d’entrée supplémentaire pour les porteurs de projet en quête de soutien. Néanmoins, on peut craindre que la présence de ce nouvel interlocuteur ne suffise pas à faire décoller le nombre peu élevé de créations et de reprises d’entreprise, qui place la Champagne-Ardenne au 20e rang national. Car les soutiens destinés aux entrepreneurs sont déjà légion, à l’instar du dispositif Envol mis en place par le conseil régional en 2001 : "Ce parcours d’accompagnement et de formation avec financement à la clé (voir encadré ci-dessous) vise les demandeurs d’emploi qui souhaitent lancer leur activité, explique Jacques Laroche, directeur du développement économique à la chambre régionale de commerce et d’industrie. La subvention octroyée a pour but de faire effet de levier auprès des banques et des associations de prêt d’honneur." Une société de capital-risque ainsi que plusieurs fonds de garantie et de développement ont également été mis en place pour aider les entreprises à renforcer leurs fonds propres.
À Reims, les organismes oeuvrant à l’accompagnement des créateurs d’entreprise (ville de Reims, CCI...) ont donné naissance au réseau Créa-Reims pour travailler en synergie et simplifier le parcours des porteurs de projet. Au programme : réunions d’information et formations. Ainsi, l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes) de Reims organise-t-elle des sessions pour les personnes qui veulent se mettre à leur compte.
Autre initiative récurrente : le Mois de la création et de l’innovation, dont la sixième édition aura lieu en octobre à Reims : "Il s’agit d’un ensemble de manifestations (salons, colloques...) dédiées à la création et à l’innovation, précise Patrick Lauzier, responsable de la communication et de l’animation économiques de la ville de Reims. Parmi celles-ci : les Journées européennes de la jeune entreprise innovante (Innovact), qui mêlent rendez-vous d’affaires, ateliers, conférences, trophées et concours..."
On le constate : le panel des services proposés aux entrepreneurs est large. Pour doper le taux de création, la solution consiste donc peut-être davantage à intensifier les actions de sensibilisation menées auprès des jeunes générations. Encore faut-il mettre tout en oeuvre pour retenir ces "forces vives" sur le territoire...
Ann-Karen BARTOSZEWSKI
Aide régionale à la création d’entreprise (ARCE)
Bénéficiaires : projet de création d’entreprise dans le domaine industriel, artisanal ou des services à l’industrie.
Type d’aide : subvention plafonnée à 30 000 euros pour les projets innovants et à 15 000 euros pour les autres. Conditions : les entreprises s’engagent à créer au moins un emploi pour les activités innovantes et deux emplois pour les autres.
Contact : conseil régional
Tél. : 03 26 70 31 31
Bénéficiaires : demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise.
Type d’aide : subvention égale à 50 % des investissements, plafonnée à 7 600 euros.
Conditions : le porteur de projet doit se soumettre à un bilan de compétences et suivre un parcours de formation. Il est accompagné dans la préparation du projet et trois ans après le début de l’activité.
Contact : conseil régional
Tél. : 03 26 70 31 31
Diagnostic d’exploitation
Bénéficiaires : jeunes agriculteurs en phase de pré-installation sur une exploitation.
Type d’aide : subvention égale à 80 % du coût HT du diagnostic (3 000 euros maxi.).
Conditions : le diagnostic doit permettre d’évaluer la situation de l’exploitation, de déterminer les orientations envisageables...
Contact : conseil régional
Tél. : 03 26 70 31 31
Aide à la constitution d’un fonds de roulement
Bénéficiaires : jeunes agriculteurs ayant réalisé un diagnostic d’exploitation et obtenu la dotation jeune agriculteur.
Type d’aide : subvention plafonnée à 10 200 euros en zone défavorisée et à 7 900 euros dans les autres zones.
Contact : conseil régional
Tél. : 03 26 70 31 31
Le mois de la création et de l’innovation 2006
Illustration : Getty Images / Digital Vision
[L_VE], réseau d'experts lyonnais de l'entrepreneuriat, accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches de création d'entreprise.