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Forum des Entrepreneurs Sociaux

Les entrepreneurs sociaux partagent une même ambition, bâtir un projet entrepreneurial et économique au service de l’Homme et de son territoire : lutter contre l’exclusion, créer ou maintenir des emplois durables, garantir un juste revenu aux producteurs, aider les personnes âgées à mieux vivre, protéger notre environnement, innover en répondant à de nouveaux besoins sociaux...

Co-organisé par le Salon des Entrepreneurs et la Caisse des Dépôts, ce dispositif éditorial, vidéo et interactif vous permet de retrouver l’ensemble des thématiques liées à l’entrepreneuriat social,traitées par les meilleurs experts...


CHAT texte : Sortir du chômage grâce à la création d’entreprise : beaucoup l’ont fait, pourquoi pas vous ?

Découvrez le compte-rendu intégral du chat du jeudi 29 mars 2007 avec Marc LEPEL COINTET, Directeur de Récup Tri.

Bonjour à toutes et à tous, nous sommes très heureux de recevoir Marc Lepel Cointet Bonjour ! Je suis content d’être parmi vous et de pouvoir partager mon expérience de création.

felix : Bonjour Monsieur Lepel Cointet, comment avez-vous monté « Recup Tri » ? Après quel parcours de salarié et de chômeur ? Merci. Recup Tri n’est pas mon entreprise. J’ai été embauché par une association de chômeurs, la maison des chômeurs de Lens. Il s’agissait de créer avec eux une entreprise de récupération de déchets ménagers. J’étais à l’époque au chômage à la suite d’un accident de parcours professionnel. J’ai donc eu la chance de pouvoir créer une entreprise tout en restant salarié. De plus, je n’étais pas seul. Autour de moi, m’accompagnait un conseil d’administration constitué à la fois de militants associatifs et de syndicalistes qui m’ont insufflé leur motivation pour la lutte contre le chômage. D’autre part, le conseil était composé de dirigeants d’entreprise qui avaient fait le choix de mettre leurs compétences économiques au service du montage de notre projet.

lorie : Quel a été votre parcours avant d’être au chômage ? J’ai deux expériences professionnelles principales. Une d’une vingtaine d’année dans l’immobilier social où j’ai en particulier eu l’occasion de gérer le patrimoine locatif d’une société de HLM dans le cadre de grands ensembles. Cela a été ma première expérience de rencontres avec une population peu favorisée. J’ai ensuite changé d’orientation pour prendre en charge l’exploitation d’une entreprise de confection appartenant à un grand groupe. A la suite de restructurations de ce groupe, j’ai été licencié au bout de 9 mois. J’ai vécu cette expérience de licenciement comme une claque et une blessure à mon amour propre qui a entretenu ma motivation pour rebondir. L’opportunité de créer l’entreprise « Recup Tri » a été pour moi une chance de rebondir rapidement.

Weetabix : Au commencement de « Recup Tri », il y a eu quelques tensions, pouvez-vous en parler ? Le projet de Recup Tri était porté par des demandeurs d’emploi accompagnés par la maison des chômeurs de Lens. C’était une belle initiative portée par des personnes volontaires mais sans expérience de création et de gestion d’entreprise. L’activité à développer (la collecte de déchets ménagers) ne pouvait être mis en oeuvre qu’avec l’accord de la collectivité locale dont c’est la responsabilité. Le regard porté à l’époque (en 1993) par les élus locaux était négatif. Leur projet était de mettre en place la gestion de la collecte sélective en s’appuyant, comme c’est l’usage, sur des grands groupes. Nous nous sommes révoltés et battus pour que notre initiative soit prise en compte dans le cadre des marchés publics qui ont été mis en oeuvre par la suite. Il a fallu que les petits que nous étions instituent un rapport de force en notre faveur en s’appuyant sur la population et les médias.

patouche : Créer une entreprise après une longue période de chômage peut faire peur... Quelles sont donc les garanties ou les aides qu’apportent les institutions ? Mon expérience porte sur la création de très petites entreprises, mais pas d’entreprises personnelles. A mon sens, ce n’est pas la vocation des institutions publiques d’apporter les conseils pour la création, ni d’accompagner les porteurs de projet. Par contre, il existe des structures comme les associations « Entreprendre » du Réseau Entreprendre qui ont une véritable expertise et une efficacité pour permettre aux candidats à la création de valider la pertinence de leur projet. Quitte à les pousser dans leur retranchement, et même à leur faire renoncer si après ces contacts, le porteur de projet ne sent pas la carrure d’entreprendre. Ces structures mettent en place des prêts d’honneur et un accompagnement personnel à la création qui met le candidat en situation optimum pour réussir.

quentin : Je suis au chômage depuis six mois. Je voulais retrouver un emploi salarié mais aujourd’hui, j’ai un projet d’entreprise : faire des travaux de bricolage à domicile. Je voudrais savoir comment bénéficier d’aide pour que les salariés de cette entreprise soient uniquement des chômeurs de longue durée. C’est possible ? Une entreprise classique a le droit de réserver ses embauches à des chômeurs de longue durée, mais c’est un risque de ne faire appel qu’à des gens en difficulté. Il existe des entreprises à statut adapté pour accueillir ce public en difficulté d’accès à l’emploi. Ce sont des entreprises d’insertion. Leur création est assujettie à l’obtention d’un agrément accordé par la Direction Départementale du Travail. C’est un métier passionnant mais ces entreprises ont en fait deux métiers, un projet économique qui doit être viable donc bien construit et bien géré sur un marché validé. Et d’autre part, une activité à caractère social pour laquelle les compétences sont de l’ordre de la gestion des ressources humaines.

lalaure : Quand on est au chômage, avec l’envie furieuse de créer une structure, le mur de plus d’indemnités Assedic et pas forcément de revenus suffisant parait infranchissable. Quels ont les bons trucs pour y arriver ? La première chose, je vous recommande de bien valider vos droits auprès de l’ANPE locale et d’examiner quels dispositifs existeraient spécifiquement pour la création. J’ai par ailleurs expérimenté la création d’entreprise dans le cadre d’un statut salarié, donc avec une garantie de ressources. C’est l’exception mais pas la règle, mais je sais que c’est possible. Il faut pour cela une structure d’accueil ayant vocation à développer de l’emploi et un projet que je vous recommande de préparer très sérieusement avec une structure d’aide à la création, par exemple "Entreprendre". Il existe des dispositifs spécifiques pour accueillir des porteurs de projet d’entreprises ’sociales’ dans le cadre de contrats de travail.

Weetabix : Ne pas compter sur les autres, avancer sur son projet avec les moyens mis à disposition par les CCI et autres assoc’, un créateur pense souvent avoir la bonne idée, ce qui est vrai, c’est la mise en pratique qui est la plus longue, combien de temps a duré le processus de création ? Et au bout de combine de temps Recup Tri a-t-il été rentable ? Il ne suffit pas d’avoir la bonne idée pour entreprendre. Je ne crois pas que la meilleure solution soit de s’y accrocher tout seul. En tout cas, lorsque cela est possible, je recommande à un porteur de projet de ne pas resté seul et de se faire accompagner. Pour ce qui concerne la mise en oeuvre du projet et le délai nécessaire pour atteindre le seuil de rentabilité, les expériences sont très variables. Recup Tri a mis 5 ans à atteindre l’équilibre. D’autres initiatives auxquelles j’ai participé, notamment la création d’une entreprise de transport, l’équilibre a été atteint au bout de trois ans.

tommy : Bonjour, je suis jeune diplômé en agro-alimentaire, depuis peu de temps au chômage, évidemment... Je m’aperçois qu’il est délicat de trouver une place. Peut-être devrais-je davantage penser à créer une entreprise. Qu’en pensez-vous ? Faut-il forcément une expérience ? Pour moi, le créateur doit non seulement être un développeur avec "l’esprit" d’entrepreneur, mais il doit au minimum maîtriser certains fondamentaux de la gestion d’une entreprise. Il n’y a rien de telle qu’une expérience, même modeste, en entreprise pour recueillir ces fondamentaux.

zubar : Quels sont les secteurs où on a le plus de chances de monter une boite pérenne ? Mon expérience de la création d’entreprise est limitée au développement d’activité de main d’oeuvre. Dans ce domaine, le marché des services de proximité, aux particuliers et aux entreprises, est porteur... Notamment avec l’allongement de la durée de vie, l’augmentation de la population du troisième âge et du quatrième âge. J’étudie sérieusement des opportunités à saisir dans le domaine de la restauration et du bâtiment. Il y a également le secteur du transport / logistique.

alure14 : Quels étaient vos point forts dans la création de votre entreprise ? Pour réussir je me suis appuyé sur mon expérience de gestionnaire. J’ai créé Recup Tri à 50 ans, j’avais donc 25 ans d’expérience. Je crois qu’une certaine humilité devant la difficulté de créer m’a aidé à accepter de me faire aider par d’autres, en particulier par des membres de mon conseil d’administration dont les compétences étaient à la fois de l’ordre du social et de l’économique. Une autre chose me paraît déterminante, c’est la patience et la persévérance.

noiramer : Bonjour, je travaille sur un projet de création d’entreprise dans le domaine des services à la personne. Pensez-vous qu’il soit possible de travailler en partenariat (ou comme prestataire) avec les collectivités territoriales lorsqu’on est une entreprise (et non pas une association) ? Tout d’abord, une entreprise de services à la personne peut très bien avoir le statut associatif. D’autre part, je ne vois pas pourquoi les collectivités locales auraient une réticence à prendre une entreprise comme partenaire pour le développement local de services à la personne. Il existe des structures particulièrement compétentes pour l’accompagnement des projets de services à la personne. Je recommanderais de vous mettre en relation notamment avec le Coorace ou l’association Avise.

Weetabix : Est-il d’après ce que vous avez vu, plus facile pour un jeune de se lancer ou pour un chômeur ? J’ai contribué à l’initiation d’une dizaine d’associations ou entreprises. La moitié des porteurs de projets étaient au chômage, les 3/4 d’entre eux ont réussi à pérenniser leur structure. La valeur n’attend pas le nombre des années, je n’invente rien, cependant, les créateurs concernés avaient entre 35 et 50 ans, et donc, ils se sont appuyés sur au moins une première expérience professionnelle.

noiramer : Mais dans le cas d’une association, le président ne peut pas se rémunérer... On peut créer sans être le président, en étant directeur salarié. Le tout est de constituer un conseil d’administration correspondant à son projet. Je ne suis pas sûr qu’un président d’association ne puisse pas être salarié dans la mesure où l’association est assujettie aux impôts commerciaux.

isa : Hello, quel est aujourd’hui votre chiffre d’affaires et combien de personnes travaillent dans votre entreprise ? Est ce que cela a été compliqué les premières années ? Le chiffre d’affaires est de 1,5 million environ. Recup Tri emploie 70 personnes, dont 50 en insertion. Le développement de Recup Tri s’est fait en 3 phases. Pendant les 5 premières années, nous avons développé un métier nouveau, celui de chantier d’insertion, s’appuyant sur une activité de collecte de déchets pour laquelle nous n’avions pas de marché contractuel. La structure a été déficitaire et n’a assuré sa survie que grâce à la solidarité privée (dons de particuliers ou de fondations). La deuxième période, de 5 ans environ, Recup Tri a pu contracter un marché de collecte et s’est diversifié sur des activités de sous-traitance à l’industrie (mécano soudure et fabrication de flexibles hydrauliques). Cette période a coïncidé aussi avec une forte croissance et une augmentation des effectifs, de 25 à 50 personnes. L’équilibre a été tout juste assuré. Depuis les 5 dernières années, nous avons pu optimiser nos résultats de production par une meilleure formation interne du personnel. L’amélioration de notre productivité et le développement important de notre activité de sous-traitance nous permet d’assurer une marge. Nous avons commencé à nous constituer des fonds propres nous apportant une certaine sécurité.

noiramer : Quelles fondations vous ont soutenu, et comment les avez-vous abordées ? J’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer sur l’accueil et l’accompagnement de l’association Nord Entreprendre qui nous a apporté une aide financière sous forme de prêt d’honneur et un accompagnement personnel. Sans cette aide financière, nous ne pouvions pas démarrer. La rencontre s’est fait naturellement par notre réseau. Depuis, nous avons été de manière significative par plusieurs fondations, dont la fondation Vinci qui nous aidé au financement d’un atelier de mécano soudure tout en nous mettant en relation avec un cadre de leur groupe qui a apporté conseil et appui commercial.

Merci beaucoup, un mot de conclusion ? Bonne chance à tous les entrepreneurs ! Je souhaite partager mon enthousiasme avec les créateurs et les futurs créateurs. Ce que je retiens de 15 ans d’expérience en création, gestion, initiation de nouvelles entreprises, est l’importance de ne pas rester seul pour créer. Nous avons eu la chance de pouvoir accueillir les porteurs de projet dans le cadre d’un groupement qui les a embauchés et soutenus. Je recommande à tout porteur de projet de rechercher et trouver des structures d’accompagnement. Je pense en particulier au réseau "Entreprendre" dont j’ai pu apprécier l’esprit qui met l’homme au coeur du projet économique et la compétence acquise par une expérience de 20 ans dans l’aide à la création d’entreprise. Au revoir à tous !



  • Re : CHAT texte : Sortir du chômage grâce à la création d’entreprise : beaucoup l’ont fait, pourquoi pas vous ?
    30 juin 2008 à 17:30, par Anonyme

    D’abord un contrat aidé (CAV) d’1 an qui me donne l’opportunité de créer une entreprise en régime micro. Ensuite et parallèlement, renouvellement de mon contrat pour 1 an encore. Enfin une démission éxigée par le conseil général.

    Alors question :

    Pourquoi alors que j’essaie de sortir de l’assistanat en créant un bureau d’écrivain public (je l’avoue, pas encore autonome), d’où le renouvellement de contrat comme encouragement, m’oblige t-on à démissionner plutôt que me conseiller une rupture de contrat consentie ? Pas d’indemnisation de la part des ASSEDIC..... Aujourd’hui sans revenu, en attente d’un nouveau RMI.... Seule réponse du Conseil Général : vous ne pouvez que retourner au RMI et refaire des démarches de recherche d’emploi ! Logique, pas logique ? Légal, pas légal ?

    Comment se faire comprendre par cette administration idiote ?

    • Re : Re : CHAT texte : Sortir du chômage grâce à la création d’entreprise : beaucoup l’ont fait, pourquoi pas vous ?
      26 novembre 2008 à 03:24, par Anonyme

      zhanghe No one is a hard nut to crack when the wow powerleveling genie appears, it is mixed with the human wow gold can not tell when emerging. But one thing sure, that is, since this wow power leveling has been the world’s genie, with human and alien, powerleveling Biscay on the continent was divided into two opposing parts of the Union as the two most direct embodiment of the struggle - the war on Never stopped. ...

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