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Des concepts de franchises inédits

Allez chercher vos idées à l’étranger !

Envie d’importer une enseigne étrangère... ou de s’en inspirer ? L’aventure est tentante à condition toutefois de prendre quelques précautions d’usage.

MASTER-FRANCHISE / FRANCHISE DIRECTE

2 solutions pour importer un concept

Mise à part la possibilité de s’inspirer d’un concept étranger pour créer sa propre entreprise en vue de la franchiser ultérieurement, il existe deux solutions pour importer une enseigne :

1 - Devenir son master-franchisé. C’est-à-dire signer avec cette enseigne un contrat qui fait de vous son représentant en France ou dans plusieurs États européens. Le prix à payer est souvent très élevé quand il s’agit d’un réseau de très grande notoriété. Cela peut aller jusqu’au million d’euros !
Des solutions moins coûteuses sont parfois envisageables, comme par exemple la possibilité de tester le concept à ses propres frais. Ensuite, le master-franchisé recrute des franchisés locaux et partage les droits d’entrée et les royalties avec la maison-mère selon des pourcentages variables... et négociables.

2 - Signer un contrat de franchise directe. Vous serez alors le premier franchisé de l’enseigne sur le territoire français. L’inconvénient est évidemment que votre lointain franchiseur, passée la période de formation, ne sera pas en mesure de vous apporter une aide sur le terrain. Sachez aussi que certains franchiseurs américains ne sont pas très souples pour s’adapter aux particularités des marchés locaux. Certaines franchises étrangères préfèrent créer leurs propres filiales ou monter des joint-ventures plus ou moins complexes, mais ça ne dépend pas de vous...

Le succès des enseignes Zara, McDonald’s ou Midas vous fait envie ? La force de frappe de certains réseaux anglo-saxons vous fascine ?

Allez donc faire un tour outre-Atlantique et outre-Manche : des concepts inédits et des franchises tout à fait originales vous attendent. De nombreux franchiseurs hexagonaux se sont en effet lancés sur des créneaux défrichés en Amérique et en Grande-Bretagne, surtout dans le domaine des services où les Anglo-Saxons font figure de pionniers. Tous les réseaux consacrés aux services à la personne y sont beaucoup plus développés qu’en France, du nettoyage des sols et plafonds aux travaux ménagers et à la décoration, avec des enseignes comme Doctor Vynil (réparation des sièges et des vêtements en cuir), Molly Maid (travaux ménagers) ou Decor Distinction (décoration à domicile). On y trouve également des idées tout à fait originales et duplicables en France, comme par exemple Computer Doctor. Cette franchise américaine créée en 1992 a été l’une des premières à investir le créneau du dépannage informatique. Outre une présence sur l’ensemble du territoire américain, le réseau est également implanté au Canada et au Mexique. Computer Doctor vient même de signer un accord de partenariat avec le géant de la grande distribution Wall Mart pour s’implanter dans les allées de ses hypers. Il est d’ailleurs tout à fait possible que Computer Doctor, qui n’hésite pas à se comparer à McDonald’s à ses débuts, débarque un jour en France. Et ce, même si le secteur est déjà pris par des enseignes françaises comme Docteur Ordinateur ou Go Micro.

Dénicher un concept bien adapté au marché français

Pour implanter une idée étrangère, le concept doit cependant répondre aux attentes du marché français. Chaque année une douzaine de franchiseurs américains, canadiens et britanniques participent au Salon de la franchise pour "recruter" des candidats tentés par une implantation de leur concept. Beaucoup repartent bredouilles. Soit parce qu’ils veulent vendre leur master-franchise (contrat qui permet de développer une enseigne étrangère en France - voir encadré p. 86) trop cher, soit parce que leur concept ne fait pas l’unanimité. En effet, alors que les franchises venues d’Italie, d’Espagne ou du Portugal concernent généralement des commerces assez classiques, comme les vêtements (Neck and Neck, Petit Patapon, Latin Lover, etc.), et surtout la restauration régionale typique, comme par exemple Lizarran Tabernas et Bodega La Andaluza (Espagne), les franchises anglo-saxonnes peuvent parfois sembler étranges aux visiteurs français. Ainsi le concept Sewa Beats, lancé par Doug Manuel à Londres, a de quoi surprendre au premier abord : faire jouer des percussions à toute une assemblée. "Nous vendons du "team-building", des animations à de grandes entreprises comme Orange, Oracle, Nestlé, pour mettre de l’ambiance au début de leurs conférences", explique Didier Pillonel, ex-développeur européen de Cinq à Sec (pressing), qui s’efforce de développer le réseau Sewa Beats à partir de la Suisse où il réside : "J’en avais assez de développer des concepts traditionnels de boutiques, je cherche maintenant des concepts plus originaux et plus ludiques. Ils ont davantage de chances que les autres, car ils s’aventurent sur des marchés vierges !", poursuit Didier Pillonel. Reste qu’il faut tout de même de solides compétences commerciales et une bonne expérience de l’entreprise pour vendre des produits du genre de Sewa Beats...

Qu’on se rassure, il existe aussi de nombreuses enseignes plus classiques sur le marché anglo-saxon. Parmi les franchises récemment débarquées, on peut par exemple citer Fruits et Passion, pour laquelle Catherine Bonsh a acquis la master-franchise d’un industriel canadien dont le réseau compte déjà 80 points de vente : "J’ai tout de suite pensé que ce concept avait ses chances, car il a un positionnement très original qui le distingue nettement des enseignes de parfumerie et de cosmétique", affirme cette ancienne franchisée de Beauty Success. La franchise Cartridge World (recyclage de cartouches d’imprimantes), d’origine australienne, fait également partie de celles qui ont percé très vite : 40 franchisés en 18 mois, dont Rachid Rassoul, ex-cadre de la Fédération de la franchise : "J’ai été voir comment ça marchait en Australie et j’ai tout de suite été séduit", explique-t-il. Son concurrent anglais Smart-Cartridge espère l’imiter et s’implanter rapidement dans l’Hexagone.

Des succès mais aussi des échecs cuisants

Tout ce qui marche à l’étranger n’est pas pour autant promis au succès en France. De Mail Boxes etc (USA) à Vobis (magasins allemands de matériel informatique) ou Fastway (société australienne de petits transporteurs qui vient de déposer son bilan pour la deuxième fois en France en six mois), les échecs sont tout de même assez nombreux et doivent inciter à la prudence. Même ceux qui se rendent sur place ne sont pas à l’abri d’une erreur coûteuse. Gérard Souvaine, qui voulait lancer Schlotsky’s (sandwicherie-pizzeria américaine) en France, a perdu près de 100 000 dollars en procès car le franchiseur américain ne voulait pas se décider à lui transmettre les documents indispensables pour établir le DIP (document d’information précontractuelle) obligatoire en France. "Je crois fermement à la possibilité d’importer de nombreux concepts étrangers et aux vertus de la master-franchise, lance Jean Samper, patron d’AC Franchise, un pool de développement multiréseaux. Mais attention ; il ne faut jamais signer avec un franchiseur étranger sans avoir vu fonctionner le concept sur place, rencontré d’autres masters-franchisés et surtout tout compris du contrat."

Gérard DELTEIL - Avril 2005


LES EXEMPLES ÉTRANGERS

Adèle

  • Activité : Services d’entretien ménager haut de gamme
  • Date de création : 1994
  • Implantation : 12 franchisés
  • Investissement : 16 000 euros
  • Remarque :Les services à domicile sont dans l’air du temps avec les "chèques Borloo". Toutefois, aucun réseau n’a encore réussi à décoller sur ce créneau. La franchise Do-Mi-Fa a disparu et un concurrent français vient de se lancer : Maisons Services. Adèle bénéficie cependant d’une solide expérience dans son pays d’origine.
  • Contact : www.adeleinc.com

Children Orchards

  • Activité : Réseau de dépôts-ventes de vêtements pour enfants
  • Date de création : 1980
  • Implantation : 100 magasins dans 40 États
  • Investissement : 100 000 euros hors emplacement
  • Remarque :Pour l’instant, seuls quelques indépendants exercent cette activité en France. Il est surprenant qu’aucune enseigne à vocation nationale ne se soit lancée sur ce créneau en France, car il existe une véritable demande.
  • Contact : www.childorch.com

Postnet

  • Activité : Centres multiservices (poste privée, Internet, petit matériel de bureau...)
  • Date de création : 1990
  • Implantation : 600 franchisés dans le monde
  • Investissement : 117 000 euros
  • Remarque :Jusqu’ici les réseaux de postes privées ont eu du mal à s’implanter en France. Toutefois les nouveaux règlements européens devraient ouvrir cette activité à la concurrence et Postnet est tout de même un des leaders mondiaux du secteur.
  • Contact : www.postnet.com

Computertots

  • Activité : Centres d’enseignement d’informatique pour enfants
  • Date de création : 1984
  • Implantation : 100 franchisés
  • Investissement : 50 000 euros
  • Remarque :Deux de ses concurrents (FutureKids et Computerkids) ont échoué en France voici quelques années, mais se sont peut-être lancés trop tôt. Cette activité répond aujourd’hui à un véritable besoin.
  • Contact : www.computertots.com

Bodega La Andaluza

  • Activité : Cuisine andalouse
  • Date de création : 1987
  • Implantation : une douzaine de franchises
  • Investissement : 100 000 euros environ hors emplacement
  • Remarque : La restauration "exotique" a toujours du succès et les enseignes de restauration espagnoles sont relativement rares. Seule inconnue : les modes passent et ces succès ne sont pas toujours durables.
  • Contact : www.laandaluza.com

Sewa Beats

  • Activité : Animation musicale pour les ouvertures de conférences et les congrès
  • Date de création : 2000
  • Implantation : Présent en Angleterre, Suisse, Espagne et Scandinavie
  • Investissement : 120 000 euros
  • Remarque :Concept au premier abord étrange, mais qui semble remporter un certain succès, peut-être lié à la personnalité de son créateur. Connaissance du monde de l’entreprise indispensable.
  • Contact : www.sewabeats.com

Smart Cartridge

  • Activité : Recyclage de cartouches d’encre d’imprimantes
  • Date de création : 2000
  • Implantation : 30 franchisés et 80 en cours au Royaume-Uni et en Irlande
  • Investissement : 100 000 euros
  • Remarque : Ce commerce devrait connaître un franc succès en raison des tarifs prohibitifs des grands fabricants d’imprimantes. Attention, son concurrent, Cartridge World, a une longueur d’avance.
  • Contact : www.smart-cartridge.com

Lizarran

  • Activité : bars à tapas
  • Date de création : 1996
  • Implantation : 165 franchisés
  • Investissement : 170 000 euros hors emplacement
  • Remarque : Même observation que pour Bodega La Andaluza. La différence est toutefois que Lizarran est un très gros groupe espagnol, très structuré, donc a priori capable d’apporter une assistance sérieuse à ses partenaires.
  • Contact : www.lizarran.com

Illustration : Getty Images / Photodisc