
Les entrepreneurs sociaux partagent une même ambition, bâtir un projet entrepreneurial et économique au service de l’Homme et de son territoire : lutter contre l’exclusion, créer ou maintenir des emplois durables, garantir un juste revenu aux producteurs, aider les personnes âgées à mieux vivre, protéger notre environnement, innover en répondant à de nouveaux besoins sociaux...
Co-organisé par le Salon des Entrepreneurs et la Caisse des Dépôts, ce dispositif éditorial, vidéo et interactif vous permet de retrouver l’ensemble des thématiques liées à l’entrepreneuriat social,traitées par les meilleurs experts...
Nées pour permettre à ceux qui travaillent de prendre leur destin en main au moyen d’une entreprise qu’ils gèrent en commun, les Scop démontrent qu’il est possible de créer, d’innover, de gagner des marchés, de se développer et de se pérenniser au service d’une ambition collective.
Présente sur les marchés concurrentiels et dans tous les métiers - BTP, industrie, commerce et services - une Scop est soumise aux mêmes impératifs que toute entreprise : gagner des marchés, savoir innover, être au plus près de ses clients, assurer une gestion rigoureuse, dégager des bénéfices et assurer sa pérennité et son développement.
Elle présente toutefois une forte particularité : les salariés en sont les associés majoritaires. Ils ne sont pas forcément tous associés, mais ils doivent détenir au moins 65% des droits de vote et 51% du capital social. Ils décident en concertation du destin de l’entreprise et désignent leurs dirigeants. Deuxième différence : les décisions sont prises selon la règle « une personne = une voix », afin d’assurer la participation de chaque associé lors des assemblées générales. Troisième spécificité : la répartition de la valeur ajoutée repose sur un principe de bon sens : ceux qui créent les richesses doivent en être les premiers bénéficiaires.
Ainsi, toutes les Scop ou presque disposent d’un accord de participation et en moyenne 45% des résultats reviennent aux salariés associés ou non, sous forme de participation et d’intéressement. Quatrième particularité : un quart des bénéfices sert à consolider les fonds propres de la Scop, et le plus souvent 40 à 45%. Ces réserves restent indéfiniment le patrimoine propre de la coopérative en vue d’assurer sa solidité financière et par conséquent l’emploi. C’est pourquoi les Scop sont des sociétés affichant des fonds propres supérieurs à la moyenne des sociétés classiques de taille équivalente.
Qu’il s’agisse de la répartition des pouvoirs, des décisions, des résultats et du management, les Scop forment le premier réseau d’entreprises participatives en France et sont les seules sociétés commerciales qui mettent par nature la personne au cœur de leur projet. A l’heure où le Gouvernement vient juste de voter une loi pour promouvoir la participation comme projet de société, les Scop démontrent depuis le XIX° siècle qu’il est possible et même préférable d’aller le plus loin possible dans l’appropriation de l’entreprise par les salariés. Prises collectivement, les Scop connaissent une croissance ininterrompue de leur chiffre d’affaires et de leurs emplois. Chaque année, 75 à 80% d’entre elles sont systématiquement bénéficiaires. Le résultat net par salarié a progressé de 114% en 10 ans. La capacité d’autofinancement de 50% et les réserves de 83%.
Ancrées par nature sur leur territoire, et non délocalisables par leur spécificité capitalistique, les Scop se développent aussi à l’international comme le montre le groupe Chèque Déjeuner en France (1300 salariés), l’Acome (1200 salariés) ou encore le complexe coopératif basque Mondragon (80 000 personnes, dont 35 000 associés). Dans un contexte d’économie mondialisée soumise aux exigences des fonds de pension, les Scop montrent qu’il y a une alternative à la rentabilité à deux chiffres et qu’on peut s’organiser économiquement pour favoriser l’ancrage des emplois sur le territoire.
Patrick Lenancker, président de la Scop Arpège, Hazebrouck (Nord) et de la Confédération générale des Scop.
Patrick Lenancker est président de la Confédération générale des Scop depuis mars 2006. Sa carrière a toujours été orientée vers la coopération : éducateur spécialisé de formation, puis diplômé en ressources humaines, il commence sa carrière chez Instep Léo Lagrange qui est aujourd’hui une Scop de formation. Après avoir été chargé de mission dans une autre Scop, il se lance à 28 ans dans la création de la Scop Arpege, prestataire en formation et conseil. En 2001 cette première Scop fonde la Scop A Cappella, le seul centre d’appels coopératif. En juillet 2005 naît une troisième Scop, A2SE. Le groupe compte 70 salariés. Homme du nord, d’origine flamande, Patrick Lenancker est très impliqué dans la vie de sa région : il est vice-Président de la CCI d’Armentières et Président du Comité de Région du Crédit Coopératif du Nord Pas de Calais. A 47 ans, il est marié et père de trois enfants.
A propos de la CG Scop