
Gérard Beauce, ancien cadre de l’aéronautique, a accepté de « reprendre du service » pour accompagner son gendre dans la reprise de l’entreprise familiale. Vias est une affaire située à Châtellerault (86-Vienne). Monsieur Beauce, grâce à son management, est parvenu à rassurer les salariés et améliorer la productivité. Revue en détails.
CE QU’IL FAUT RETENIR
Lorsque l’on reprend une entreprise, il faut convaincre le cédant mais surtout rassurer les salariés.
Dans le cas de l’entreprise Vias, à Châtellerault (86), spécialisé en menuiserie aluminium et PVC, la transition entre les 2 équipes de direction s’est faite en trois mois seulement.
Le nouveau directeur, Patrick Alizon, a bénéficié de l’expérience de son beau-père Gérard Beauce qui, lui, est devenu PDG de Vias.
Depuis octobre 2005, date de la reprise d’entreprise, cet ex-cadre de l’aéronautique applique des techniques managériales plus humaines. Il s’est placé à l’écoute des salariés tout en parvenant à accroître leur productivité.
Il a su également conserver certaines traditions qui soudent les salariés depuis toujours, comme ces discussions informelles du matin...
Proximité du PDG et de ses salariés
Châtellerault, 7h15 : devant Vias, entreprise spécialisée en menuiserie aluminium et PVC, tous les salariés sont déjà présents. Bien que leur journée de travail ne démarre que dans un 1/4h, le PDG de Vias depuis 2005, a choisi de présenter un nouveau salarié à toute l’équipe.
Que ce soit pour diffuser un message à son personnel ou intégrer un nouveau collaborateur, Gérard Beauce, a décidé de conserver ce briefing organisé chaque matin depuis plus d’une dizaine d’années. De plus, il est arrivé à « l’utiliser positivement dans l’intérêt de l’entreprise... ». Gérard Beauce dispose d’une longue expérience dans l’aéronautique. Quand son gendre Patrick Alizon, métallier chez Vias depuis de nombreuses années, lui a demandé de l’aide pour reprendre cette entreprise familiale début 2005, il a accepté sans hésiter.
Changements dans l’organisation du travail
Les négociations de reprise avec la famille Vias ont duré environ 6 mois. Une fois en place, Gérard Beauce a effectué un audit de contrôle. Il a donc tout naturellement reçu un par un, parfois pendant plus d’une heure, la trentaine de salariés employés en place à l’époque : « Cette méthode m’a donné une vision globale de l’entreprise et m’a permis d’imposer une forte impulsion immédiatement. » À la suite de ces échanges, sa première décision a consisté à équiper tous les collaborateurs d’une caisse à outils complète. Fini le temps perdu à rechercher le marteau adéquat pour les employés. Il a par la suite investi dans un chariot élévateur pour le transport des marchandises ainsi que dans de nouvelles machines-outils. Parallèlement à cela, le chef d’entreprise a fait dessiner les plans d’un bâtiment impressionnant qui servira de « local social », où les salariés pourront aller déjeuner avant de se promener autour d’un étang aménagé. L’entreprise Vias est consciente de la pénibilité du travail de ses employés et mise sur le bien-être de ceux-ci pour accroître la productivité.
Inquiétude des salariés vite effacée
« Au début, les salariés pensaient que tous ces investissements mèneraient l’entreprise à la ruine. Depuis des années, rien ne bougeait plus chez Vias. Mais en deux ans, la valeur de la société a doublé, ils ont été rassurés » sourit Gérard Beauce. En réorganisant la hiérarchie de la société, le PDG a ouvert des « canaux de discussion » afin que les salariés, plus autonomes, puissent s’exprimer librement.
Les deux équipes dirigeantes ont cohabité pendant 3 mois. Parmi les cadres de la famille Vias, seul Richard Veluet est resté en poste. Pour le remercier de son engagement et de son implication, l’inauguration du bâtiment panoramique coïncidera avec une réception organisée en son honneur. Désormais à la retraite depuis septembre, il a accepté de revenir un jour/semaine pour faciliter la transition avec son successeur. De son côté, Gérard Beauce avoue avoir préparé au cours de ces 3 dernières années une « succession dans la succession ». Il a appris les techniques managériales aux chefs d’équipe et d’atelier, en organisant de véritables séances (mi-travail, mi-cours) et il a envoyé son gendre à l’Ecole des manageurs de Poitiers. Bientôt, sa vocation à lui ne sera plus de gérer les affaires quotidiennes mais d’imaginer les perspectives de développement de Vias.
Conclusion La notion de facteur humain dans le processus de reprise semble être essentielle La cohabitation avec le cédant n’est pas toujours simple, les salariés sont bien souvent des inconnus et il ne suffit pas de bien négocier le rachat de l’entreprise cible. Pour optimiser les chances de pérennité d’une entreprise suite à cession, il est fortement conseillé de se faire accompagner, de convaincre non seulement le cédant mais également le personnel en place.
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