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Jus de fruits : un marché juteux !

Carotte, banane, mangue, hibiscus... les nouveaux jus de fruits séduisent les consommateurs. Des opportunités sont à saisir pour les créateurs.


CHIFFRES CLÉS

-  La consommation de jus de fruits en France : 1,3 milliard de litres.


-  Le chiffre d’affaires annuel du secteur : 1,3 milliard d’euros.


-  Consommation par parfum

  • orange : 49 %
  • multifruits-multi-vitaminés : 25 %
  • ananas : 3 %
  • raisin : 4 %
  • pomme : 9 %
  • pamplemousse : 4 %
  • autres : 6 %


    -  Répartition par type de jus
  • purs jus : 41 %
  • concentrés : 35 %
  • nectars : 24 %

Source : Unijus, 2004

Indémodable, le jus d’orange ? Pas sûr. S’il caracole toujours en tête des ventes, il n’a plus le monopole des coeurs. Qu’ils soient à base de goyave, de fraise, d’hibiscus ou de tout autre végétal, les nouveaux jus de fruits font le régal des consommateurs qui en boivent plus d’un milliard de litres par an. Mais attention, sur un secteur où dominent de grands groupes agroalimentaires, les petits entrepreneurs devront faire preuve d’innovation et d’originalité, tant au niveau de la variété des parfums à lancer que du packaging. Bouteilles aux formats réduits, en matière recyclable, jus allégés ou issus du commerce équitable sont autant de créneaux à exploiter. Seuls ceux qui sauront véhiculer des valeurs fortes et apporter des garanties aux consommateurs (origine des fruits, procédés de fabrication, teneur en vitamines...) se distingueront.

Cibler les rayons des épiceries fines

Ouendeno Moriba, entrepreneur à Strasbourg, s’est ainsi lancé à la fin des années quatre-vingt-dix dans la production de jus africains (litchi, gingembre, nectar de baobab...). "La difficulté est de sortir des circuits de distribution locaux et de s’imposer sur les linéaires des supermarchés", explique le chef d’entreprise. Pour des produits de ce type, l’idéal est de cibler les rayons des épiceries fines ou de les distribuer dans des petites enseignes de restauration rapide haut de gamme. Le financement est tout aussi important : "Il faut tabler sur 200 000 euros de capital de départ, sachant que les postes les plus gourmands sont le développement du produit et les actions de promotion", poursuit le créateur. Les "jus" ont également fait une entrée remarquée dans l’univers de la restauration rapide. Très présents dans les pays anglo-saxons, les bars à jus commencent à s’implanter en France. "L’idée est de déjeuner sainement grâce à des mélanges élaborés à partir de produits frais", explique Donald Potard, cofondateur de Lood, un bar à jus parisien tout récemment créé. Pièces maîtresses du dispositif : les cocktails de jus sont préparés devant le consommateur et ne peuvent être conservés au-delà de trois heures car, ensuite, ils perdent toutes leurs vitamines. Pour se lancer, il faut prévoir un investissement en matériel d’environ 50 000 euros, comprenant centrifugeuses, blenders, meubles frigorifiques, etc. Cette activité nécessite aussi de la créativité : il faut renouveler régulièrement la carte, tenter des combinaisons de fruits et de légumes quelquefois... surprenantes. Bref, les jus n’ont pas fini d’aiguiser l’appétit des créateurs.

Bénédicte ROGULSKI - Janvier 2006

POUR EN SAVOIR PLUS

Réglementation

Les producteurs sont tenus de préciser clairement sur l’emballage la nature du jus (décret du 8 juillet 2004). Trois catégories sont distinguées :

  • les purs jus : ils sont obtenus par pression des fruits puis pasteurisés ou non.
  • les jus à base de concentré : obtenus par pression des fruits, pasteurisés puis concentrés par évaporation de l’eau. Au moment de l’embouteillage, le produit est reconstitué par apport d’eau.
  • les nectars : ils sont constitués de jus ou de purée de fruits auxquels on ajoute de l’eau et du sucre ou des édulcorants.

Formation

Pas de formation obligatoire, mais les entrepreneurs qui se lancent dans la fabrication des jus sont souvent issus des secteurs agricole ou agroalimentaire.

Salon

  • Salon international de l’alimentation (SIAL) : le prochain aura lieu en octobre 2006. Tél. : 01 49 68 54 98 ; www.sial.fr

Contacts utiles

  • Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus) Tél. : 01 47 42 82 82.
  • www.jusdefruits.org : un site pour tout savoir sur les jus de fruits.

À lire

Restauration rapide, Fiche APCE, octobre 2005, 8 euros. www.apce.com

Illustration : Getty Images / Digital Vision