
Jeu vidéo grandeur nature. Je préfère les sports sans équipement comme le yoga. Je le pratique tous les jours, n’importe où. Et pourtant, je craque pour ce mur de tennis bourré d’électronique. Sans doute en souvenir des longues heures fastidieuses passées à m’entraîner sur un mur de tennis en brique verte.
Avec Sportwall, la punition est terminée. C’est un jeu vidéo grandeur nature. Un mur qui fait swizzzzz, splashhhh, poufffffffff. En touchant des cibles colorées en forme d’étoiles, les balles de tennis déclenchent des sons et des lumières.
Au cœur de SportWall, un ordinateur gère le circuit de puces et de senseurs électroniques. Il contrôle différents niveaux de difficulté, programme des compétitions, enregistre et affiche les scores sur un écran. Les enfants développent leur adresse, s’amusent et se dépensent physiquement. Sportwall les détourne du canapé où ils sont vautrés devant la télévision ou un jeu vidéo.
Une diversification réussie. Au départ, Cathie Lamberti, la fondatrice de Sportwall, vend des murs de tennis en brique. Mais les ventes chutent avec l’apparition des lanceurs de balles. Pourtant, selon ses recherches, le mur est plus performant pour l’entraînement des joueurs. Pour ne pas fermer son entreprise, elle doit trouver une nouvelle idée. Cathie observe ses neveux et nièces jouer aux jeux vidéo. L’interaction de leurs mains et de leurs yeux lui rappelle les mouvements des joueurs de tennis. Ils jouent de façon répétitive pour dépasser leur score, et sont très excités en obtenant un score instantané. Cathie a trouvé ! Elle veut intégrer les caractéristiques du jeu vidéo à ses murs de tennis.
Plusieurs cibles. Cathie parle de son idée à plusieurs ingénieurs. Leur réponse est définitive : il est impossible de créer une technologie sur laquelle taper fort en permanence. Un seul ne dit pas non. C’est le directeur de l’« imagination » chez Disney. Cathie l’embauche aussitôt et démarre la construction du mur interactif.
Après deux ans de développement, et 5 millions d’euros investis, la commercialisation de Sportwall commence en 2000. La promotion est assurée par d’anciens champions de tennis comme Billie Jean King.
Mais SportWall ne s’arrête pas au tennis. Les murs servent à tous les jeux de ballon (basket, football, etc.). Les enfants frappent sur les cibles avec des boudins en mousse.
Sportwall développe également une argumentation scientifique. Lutte contre l’obésité. Bienfaits neurologiques dans le traitement de certains troubles : autisme, dyslexie, rééducation post-opératoire et déficit de l’attention avec hyperactivité (ADHD).
Du coup, écoles, centres de fitness et hôtels passent des commandes. McDonald’s a équipé une centaine de ses restaurants. Les murs coûtent entre 1 500 et 8 000 euros pièce. Le chiffre d’affaires 2005 dépasse 10 millions d’euros. Avec une équipe de trente personnes, l’équilibre sera atteint en 2006.
Cathie pense déjà à l’avenir : les particuliers, les unités de rééducation et les parcs d’attraction. Confiance en soi. Cathie est née en Afrique du Sud. Ses treize frères et sœurs sont tous entrepreneurs ou inventeurs ! Elle commence par enseigner en Australie. Elle y crée et revend une société informatique. Ensuite, elle émigre à Los Angeles pour se lancer dans le mur de tennis.
A 50 ans, Cathie est convaincue d’avoir inventé le sport du XXIe siècle. « J’ai toujours eu confiance en ma vision. Je me dis que si je peux l’imaginer, je peux le faire. » Après avoir exporté en Angleterre, Espagne et Italie, Sportwall s’intéresse à la France. Selon sa fondatrice, un distributeur doit « avoir une bonne connaissance de nos marchés pour aller vite. Connaître les responsables des achats dans les lycées, les clubs de sport, les parcs municipaux ». Sportwall peut traiter avec un distributeur différent pour chaque marché.
« L’investissement marketing est important pour se faire connaître et exposer sur les salons. L’installation et la maintenance seront plus faciles pour une société spécialisée dans les équipements sportifs électroniques comme les tapis de jogging. La marge, entre 20 et 40 %, dépendra des objectifs et des résultats. Commencez par acheter un produit. Montrez-le. Puis, passez la commande », continue Cathie.