
Pour bâtir votre plan de reprise, entourez-vous de juristes et d’experts-comptables. Il ne vous reste plus qu’à convaincre vos partenaires que vous êtes l’homme de la situation !
Vous êtes sûr que l’entreprise est la bonne, vous avez une idée précise du prix qu’elle vaut... Ne reste plus qu’à convaincre vos partenaires que vous êtes l’homme de la situation !
Le banquier, d’abord : il faudra lui présenter un plan de reprise. Équivalent du business plan pour le repreneur, ce document se doit de décrire par le menu votre projet : motivation personnelle, parcours professionnel antérieur, fonds propres engagés, et, bien sûr, portrait détaillé de l’entreprise à reprendre (son activité, son historique, sa santé financière, son marché...). Dans l’idéal, prévoyez, chiffres à la clé, les résultats auxquels vous comptez parvenir dans les trois années à venir. C’est à ce prix que vous aurez accès à tous les financements qui existent. En ce qui concerne les rendez-vous avec le vendeur ensuite, le relationnel est primordial : "La meilleure façon de l’aborder est de penser au mariage ; après tout, le cédant est sur le point de vous confier sa fille", conseille Jean-Jacques Brunet, Responsable formation au CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). Autant dire qu’il faut alors se montrer psychologue. Ne pas parler d’argent tout de suite, montrer qu’on est celui qui sera le plus apte à garantir la pérennité de l’entreprise sont des indispensables de toute négociation, "même s’il n’existe pas une méthode d’approche idéale", témoigne Nicole Levelu, Responsable du service création et transmission d’entreprises à la chambre de commerce de Rennes.
Parallèlement, il faudra déterminer la forme juridique à donner à l’entreprise. Généralement, la forme juridique existante est souvent reconduite. Mais il arrive que le repreneur choisisse de changer : "Je suis passé d’une SARL à une SAS", pointe par exemple Thierry Vidal, Repreneur de Cefia Formation. Pour toutes ces opérations, il est conseillé de s’entourer de conseillers juridiques et fiscaux. Ces experts seront aussi utiles afin de rédiger la lettre d’intention puis le protocole de cession, dont le rôle est de décrire noir sur blanc les conditions dans lesquelles le repreneur s’engage à racheter l’entreprise. Un conseil : faites-y figurer une garantie d’actif et de passif, qui vous permettra de vous retourner contre le cédant s’il s’avère que l’entreprise n’est pas telle qu’il vous l’avait présentée... Ceci effectué et le protocole signé, l’entreprise est enfin dans les mains du repreneur. Le premier geste de ce dernier est souvent de persuader le cédant de l’épauler au moins durant les premiers jours. S’il n’est pas question de mettre en place une direction à deux têtes, ce qui peut se révéler source de confusion, le vendeur peut néanmoins apporter savoir-faire et expertise sur des dossiers en cours. Ensuite, il faudra rencontrer les équipes, afin de les rassurer et de leur expliquer son projet. Mais là encore, transition reste le maître mot : "Attention à ne pas tout bouleverser tout de suite", avertit Jean-Jacques Brunet. Pour le reste, vous êtes dé-sormais seul maître à bord...
Stéphane REGY - Novembre 2005
Illustration : Getty Images / Digital Vision
L’expert comptable est le conseiller permanent du créateur et du chef d’entreprise tout au long de la vie de la société : de la création, à la prévention des risques ; de l'évaluation à la transmission/reprise.