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La reprise d’entreprise, bien souvent une affaire de famille

Chaque année, des métiers sont amenés à disparaître faute de repreneurs d’entreprise. Dans l’ostréiculture, les candidats à la reprise sont loin d’être nombreux. Alors quand Catherine Coutant a décidé de reprendre l’exploitation familiale, parents et grands-parents ont tout fait pour l’aider dans son projet. Ce qui n’a pas été le cas de tous ses interlocuteurs... Dossier en ligne sur Reprise-Entreprise.fr


CE QU’IL FAUT RETENIR

Catherine Coutant est « tombée » dans l’ostréiculture quand elle était petite.

Dès 11 ans, son grand-père lui a transmis son amour du métier, en prenant son temps.

Une passion qui lui a été nécessaire en 1999, au moment de reprendre l’exploitation familiale, à La Tremblade.

Une femme qui voulait s’installer dans le milieu hostile de la mer... Les créanciers ont hésité à lui faire confiance.

Ses compétences en gestion et l’expérience de son père en matière de production lui ont finalement permis de développer son entreprise.

Son chiffre d’affaires a été multiplié par 10 en à peine 6 ans.

Catherine Coutant est tombée dans un bassin à huîtres alors qu’elle n’avait que 15 jours ! Autant dire qu’elle était prédestinée à reprendre l’exploitation ostréicole détenue par sa famille depuis 4 générations. Durant toute sa jeunesse, elle passe ses vacances scolaires les pieds dans l’eau sur l’exploitation ostréicole de son père et dès 18 ans, la jeune femme entre dans l’effectif de l’entreprise.

En 1997, son père lui cède 75 arrhes de parc à huîtres, « juste assez pour démarrer l’expédition », souligne Catherine Coutant. Elle poursuit : « Plusieurs restaurateurs de la Côte d’Azur se sont montrés intéressés par nos huîtres alors que mes parents ne les avaient pas démarchés. À l’époque, ils vendaient uniquement leur production à des marchés de gros. De mon côté, je ne voulais pas laisser passer ce marché, alors je me suis lancée. »

Créanciers machos

Ancien commandant de marine, son père est parti en retraite dès qu’il a pu. La transmission complète de l’entreprise familiale est donc intervenue en novembre 1999. « Je n’ai racheté symboliquement que le bateau », confie Catherine. Elle exprime également les difficultés rencontrées avec certains créanciers. « Les banquiers étaient réticents à faire confiance à une femme pour mener à bien une exploitation ostréicole. » D’autant plus que les experts du secteur, auprès de qui les conseillers bancaires sont allés chercher des garanties, ne l’ont pas soutenue. Pendant 4 ans, chaque investissement a nécessité de grands efforts. Une situation qui s’est confirmée en 2001, quand Catherine Coutant a racheté une grande entreprise voisine, à La Tremblade (44 Charente Maritime).

L’esprit de famille, une des clés essentielles pour la reprise

Aujourd’hui encore, les parents de Catherine suivent de très près l’entreprise. « C’est une main-d’œuvre toujours disponible ! », plaisante la chef d’entreprise, qui ajoute : « Mon grand-père est mort quand il n’a plus été en mesure de venir à la cabane. L’élevage d’huîtres est toute notre vie. » À 66 ans, son père se charge davantage de la production ostréicole. « Il est dur avec les salariés. De mon côté, je préfère emprunter des chemins détournés pour ne pas leur montrer que c’est moi qui commande ! Ce n’est pas mon seul point de désaccord avec mon père, on se dispute régulièrement, mais c’est aussi ce qui nous fait progresser. »

Catherine Coutant a su développer son entreprise grâce à ses capacités commerciales et de gestionnaire1. Elle produit actuellement 150 tonnes d’huîtres, soit près de 2,5 fois plus qu’il y a 7 ans. Elle a multiplié le chiffre d’affaires par 10 grâce à à l’expédition et à la vente directe sur les marchés de Charente-Maritime.

Malgré la « pénibilité » du métier, la dirigeante de l’EARL Coutant Huîtres ne regrette pas une seconde d’avoir repris l’entreprise familiale. Elle explique son secret avec beaucoup d’humour et de passion : « Mon grand-père a commencé à m’apprendre le métier quand j’ai eu 11 ans. Il a pris le temps de m’imprégner de sa passion. Et l’ostréiculture doit être une passion avant tout. Je travaille 80 heures par semaine et je n’ai pas pris de vacances depuis dix ans. Une personne qui débarquerait dans ce milieu du jour au lendemain aurait beaucoup de mal à apprendre ce métier. »

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