
Devenir chef d’entreprise c’est suivre un vrai projet de vie avec une dose de conscience et une dose d’inconscience. Mais avant tout c’est un projet de famille qu’on décide en couple.
Ceci dit, on ne crée pas pour l’argent, ni pour la fierté, ni même pour se dire que notre agenda va se libérer. On crée par envie, par passion. Tout en ayant cette dose d’inconscience, on doit avoir confiance dans ce choix et ne pas hésiter.
On travaille avec volonté, pugnacité, optimisme, c’est assez simple, mais il faut avoir du sang froid et ne pas douter de soi. Ensuite, chacun se donne son ambition. J’ai créé CanalCE [1] il y a 5 ans, parce qu’il y avait une bonne idée, Internet, et mes onze ans chez Coca-Cola. Aujourd’hui, nous réalisons 20 millions de chiffre d’affaires avec 50 personnes.
Dans 5 ans, dans 10 ans, on aura peut-être une world wild company, ou bien aurai-je choisi de vendre. Mes enfants sont très jeunes et aujourd’hui je développe pour l’intérêt de la société et des salariés et non pour le mien propre ou celui de ma famille. Il faut être généreux pour être entrepreneur !
Quand on est bien dans sa vie personnelle, on est bien dans sa vie professionnelle et inversement, et j’irai jusqu’à dire que pour moi, l’entreprise est un équilibre personnel. Je peux travailler beaucoup car j’ai la faculté de gérer moi-même mon agenda. Il est évident que j’évite de fixer les réunions de comité de direction à 8 heures le matin, ou à 19 heures. J’essaie également d’aider les équipes, afin que vie privée et vie professionnelle soient compatibles, grâce aux temps partiels, ou aux horaires échelonnés. Ensuite, il est évident que l’entreprise reste mon projet de vie,et je ne mets pas de barrière entre l’entreprise et ma vie privée. C’est un des sujets de discussion les plus fréquents avec mon mari ou avec mes amis, où chacun partage sa passion et ses expériences.
L’argent n’est pas la motivation première. Généralement on met toutes ses économies dans l’entreprise, et le salaire reste identique pendant plusieurs années. Les primes et les augmentations sont réservées aux salariés, ou aux créations de postes. L’entrepreneur, lui, mise sur l’avenir. On construit pour l’avenir. Je suis sur un management familial et convivial. J’ai vu tout le monde arriver, grandir, évoluer, comme dans une famille ! Je fonctionne sur la confiance, une confiance contrôlée, et un mode délégatif.
On porte l’image de l’entreprise, et j’ai souvent l’impression d’être un baromètre d’humeur qui donne le ton. Le chef d’entreprise est un accélérateur de business. Les objectifs sont ambitieux, mais je donne les moyens et j’attends des résultats. Je suis très attachée à l’équité. L’équité, ce n’est pas forcément donner la même chose pour tout le monde, mais c’est donner les mêmes règles. Je demande aux managers d’être solidaires de leurs équipes et de les faire grandir. On travaille dans un stress positif, avec un rythme accéléré, mais très positif. Tout n’est pas parfait. Je répète souvent aux équipes que « le parfait est l’ennemi du bien », et que pour moi le bien me suffit !
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